Point de vue

La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

Suite à l’initiative de Thierry Mompied Lavoieenlibre.com revient et prend position sur le dossier de l’interdiction de l’Alpinisme dans la Réserve Naturelle de Chastreix-Sancy.

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Les photos proviennent du site: Au cœur des Pays d’Auvergne (http://www.paysdauvergne.fr/puy-de-dome/le-val-de-courre-63.html)

Présentation: 

Au cœur de l’Auvergne, le Puy de Sancy culmine à 1883 m. Il fait la joie des skieurs du Mont-Dore, mais aussi celle des alpinistes et grimpeurs. Sur le versant Est, il y a la Vallée de Chaudefour et sa Dent de la Rancune. Le Val d’Enfer et Val de Courre, se trouvent sur le versant Sud du Puy et font partie de la Réserve Nationale de Chastreix-Sancy crée en 2007. C’est ce terrain de jeu qui nous est interdit. Avec le soutien d’élus locaux et des fédérations, un groupe de travail est mené par Roger Boussac et François Lesca (guide de haute-montagne) pour tenter de faire machine arrière. Ce deuxième s’est énormément investi pour trouver des solutions, en réouvrant le dialogue avec les responsables de la Réserve afin que la pratique de la montagne reste possible. Malgré toute son énergie l’interdition restera ferme et définitive. Précisons tout de même que la chasse et le ski hors-pistes restent autorisés.

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Une première en France !

Cette interdiction unique en France, met fin à la pratique de l’escalade sur trois sites. Un premier (Verrou du Bas) se trouve à 600 métres du parking. C’est un site école assez atypique et agréable. Au-dessus de lui se trouvent les Verrous du Milieu et du Haut. Ces deux sites sportifs nous offraient une escalade sur knobs, pour de belles envolées au-dessus de cette vallée Auvergnate.

L’écologie est t’elle devenue aveugle ?

La question que je me pose est de savoir si la protection des espaces naturels doit interdire à ses passionnés leurs fréquentations. Restant conscient de l’impact que peut avoir notre pratique, comme sur les chemins d’accès par exemple. Le partage  de l’espace doit viser la cohabitation des activités sur la préservation de la biodiversité. C’est pourtant ce qui a est fait en 2010, la Communauté de Commune signe alors un chèque de 100 000 euros pour financer (avec l’aide du Conseil Régional et d’associations) les études d’impact sur les deux activités : escalade l’été et alpinisme hivernal. Après deux ans de travail les études stipulent le caractère insignifiant de l’alpinisme sur la biodiversité! Concernant l’escalade : « la restriction temporaire doit être la piste à privilégier plutôt que l’interdiction ». Les 150 pages produitent par le groupe de travail se retrouvent au Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), c’est le seul organisme d’État apte à faire modifier le Décret.

En juin 2018 le CNPN refuse la modification du décret de 2007:

 

L’alpinisme ne serait qu’une « occupation privative de la montagne ». Par 7 voix contre quatre, le CNPN refuse. 

Au delà de tout l’argent et du temps dépensés inutilement, pourquoi vouloir préserver des îlots de toute activité humaine alors que des pans entiers de l’environnement limitrophe sont largement urbanisés? 

Rappelons que la vallée en question est toute proche de deux stations de ski (Mont dore et Super Besse). Cela ressemble à un aveuglement de la réalité où l’écologie devient une mode, un style ou même une marque de fabrique. Transformant cette fois-ci les grimpeurs en nuisibles qu’il faut chasser…

Je rejoins François Lesca sur le point suivant :

« Si le problème dans la réserve de Chastreix-Sancy prouve qu’il est facile d’interdire sans aucune raison et qu’il est impossible de ré-autoriser malgré de bonnes raisons, on ne peut que s’inquiéter de la démultiplication des zones de protection »

Cette décision est tristement dessinée par des courants écologistes ignorants de la pratique sportive. Cette réalité est maintenant devant nous, c’est un avenir sombre qui nous est offert si nous n’en tirons pas de leçons. Je ne parle pas uniquement pour l’Auvergne, car ces mêmes décisions peuvent être prises ailleurs sur d’autres sites. Aujourd’hui, c’est le Verrou et demain ?

L’appel de Thierry Mompied:

« Dimanche 28 avril à 10 heures venez nombreux pour grimper au Verrou du Bas, en signe de protestation contre des lois de plus en plus injustes qui frappent notre pays. (Nous sommes la première région où l’alpinisme est interdit, bientôt la Dent subira le même sort). Nous ne sommes pas des nuisibles!!! Bien au contraire, il est temps d’agir! « 

Grimper, c’est être libre, libre de s’exprimer, libre de réfléchir sur notre pratique et à ses conséquences écologiques. Si vous trouvez cette interdiction injuste et non fondée, alors à vos agendas et rendez-vous le 28 Avril à 10 heures au pied du Verrou du Bas.

5 réflexions au sujet de “La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.”

    1. Ton idée est bonne, il est certain qu’il va falloir tous se mobiliser pour faire bouger les choses. Par contre la date est maintenant définie,
      c’est un dimanche en effet. C’est plus compliqué pour ceux qui vont faire un long déplacement. La date est un choix de mon ami Thierry Mompied, je lui apporte mon soutien pour une cause qui mérite que l’on s’y intéresse, surtout quand on comprend comment à été mis en place cette interdiction.
      Merci de ton commentaire.

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